Edouard JG DIEME

La notion de « projet » dans son acceptation économique, est probablement le concept le plus utilisé aussi bien par les milieux d’affaires privés que par l’ Administration publique centrale et les Collectivités locales.

Les entreprises privées se développent par des projets qui leur permettent d’introduire les changements liées à leur dynamique organisationnelle. L’extension de la capacité installée de l’entreprise, l’introduction de nouvelles lignes de produits, la restructuration ou le re-dimensionnement de la production, les changements technologiques aussi bien que les nouvelles approches markétiques sont mis en œuvre par des projets spécifiques reconnus comme tels au sein de l’entreprise.

Les administrations publiques réalisent la plupart de leurs missions par des projets  d’investissements destinées à créer une capacité productive de biens, de services au niveau national ou à l’échelon local : infrastructures, routes, écoles, structures sanitaires, habitats, aménagements divers.

Les Institutions d’aides et d’assistance au développement (bilatérales comme multilatérales) véhiculent leur soutien à nos économies par des projets. Cela est bien connu, l’aide hors-projet encore appelée aide budgétaire est relativement peu importante.

Les banquiers , les structures financières décentralisées, les organismes spécialisés dans l‘octroi de crédits exigent une projet « bancable » à l’appui des requêtes de financement qui leur sont soumises par les groupements économiques, les sociétés ou toute entité éligible à leurs concours.

Les particuliers qui pour des raisons diverses veulent se lancer en affaires ont besoin d’un projet bien ficelé pour prétendre aux financements qui leur sont destinés. Depuis le début des années-80 , la mise en œuvre des politiques d’ajustement structurel a eu pour conséquence le développement de l’emploi non-salarié au profit des couches de la population victimes de la crise économique : diplômés-chômeurs, personnel déflaté des entreprises en difficultés, candidats aux départs volontaires, postulants aux ressources dégagées dans le cadre des différents et multiples fonds de soutien aux activités génératrices de revenus, etc.

Les tentatives d’organiser l’insertion économique des sans-emplois  (notamment les jeunes chômeurs) se sont traduites sous les différents régimes depuis les indépendances, par la mise en place de fonds destinés au financement des porteurs d’initiative économiques.

  • Le Groupe Opérationnel Permanent d’Etudes et de Concertation (GOPEC)  sur la période 1980-1990.
  • Le Fonds spécial de Réinsertion (FSR) créé en 1986 avait pour vocation de favoriser le reclassement des personnes déflatées. Le FSR a été supprimé en 1988.
  • Le Fonds national pour l’emploi créé en novembre 1987 avait pour vocation de financer les projets d’insertion de réinsertion en faveur des diplômés de l’enseignement supérieur et des salariés du secteur privé.
  • Le Fonds Spécial pour les micro-projets créé en 1988 et ouvert à tous les chômeurs, sans exclusive, pour des petites opérations d’auto-emploi.
  • Le projet AGETIP spécialisé dans l’utilisation de travail à haute-intensité de main d’œuvre
  • Les ressources des opérations de « départs volontaires » de la fonction publique aussi bien que du secteur qui ont connu des échecs dans la majeure partie des cas
  • Le Fonds de Promotion Economique concerne l’appui aux initiatives et activités de PME-I,
  • Le Fonds de Promotion des Jeunes (FNPJ) ;
  • Le Fonds de promotion des Jeunes pour l’emploi (ANPEJ) ;
  • Le Fonds de Promotion de l’entrepreneuriat feminin ;
  • Et plus récemment, le FONGIP, le FONSYS, et bien d’autres encore dans l’agriculture, les différentes chaines de valeurs, et les clusters dans la formation professionnelle.

La plupart de ces programmes et projets n’ont pas atteint les résultats escomptés à cause d’une part des conditions financières d’éligibilité et, d’autre part,  d’un défaut d’encadrement conséquent et pertinent. Les produits des opérations « départs volontaires »  investis dans le secteur économique ont connu des échecs par maque de capacités et d’aptitudes managériales de leurs bénéficiaires.

 

Edouard JG DIEME
Economiste, MSc Gestion de Projet
UQAM
18 avril 2016

La place des « projets » dans le contexte économique au Senegal ces 30 dernières années

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